Un nouveau capteur pour les chenilles processionnaires du pin

Dernière mise à jour : 9 août


Contexte

Les chenilles processionnaires du pin sont un réel problème de santé publique car elles peuvent provoquer des irritations des voies respiratoires, des éruptions cutanées avec démangeaisons et des conjonctivites chez l’homme, mais aussi l’inflammation des muqueuses chez les animaux. Par ailleurs, dans un contexte de changement climatique, leur aire géographique de présence s’agrandit et les zones infestées ne cessent d’augmenter.

Pour améliorer la prévention et la lutte contre ce nuisible, le ministère chargé de la Santé, le ministère en charge de l’Agriculture et de l’Ecologie et le ministère de l’Intérieur ont mis en place un observatoire national depuis juin 2021. Celui-ci est animé par la FREDON France (https://chenille-risque.info/). Les chenilles processionnaires du pin ont également été ajoutées par décret à la liste des espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine le 25 avril 2022. La gestion des chenilles processionnaires est donc un enjeu important aujourd’hui.


Le projet OSTILS

Afin de mieux connaître les aires de répartition de la chenille processionnaire, en améliorer la gestion et mieux lutter contre elle, le projet OSTILS (Occurrence Spatiale et Temporelle des chenilles urticantes de processionnaire du pin, et outILS de prévention des risques), financé par l’ANSES, a débuté en 2021. Ce projet multipartenaire comporte plusieurs parties dont une pour laquelle Cap 2020 est impliqué avec l’INRAE (Unité de Recherche de Zoologie Forestière d’Orléans) et La Mésange Verte.

Cap 2020 est en charge de développer un piège connecté s’adaptant à l’écopiège et permettant de compter automatiquement les chenilles processionnaires lors de leur descente des arbres, ainsi qu’un outil d’alerte en temps réel.


Ecopiège de La Mésange Verte (source : https://www.lamesangeverte.com/fr/)



Ce projet a débuté en 2021 et se terminera en 2023. Aujourd’hui plusieurs prototypes de pièges connectés à chenilles processionnaires ont déjà été testés avec des résultats très prometteurs. La partie électronique vient s’adapter à l’écopiège, compte les processions passant dans le tube de descente et renvoie les informations de comptages, position du piège et niveau de batterie vers une application dédiée.


Installation par Cap 2020 de plusieurs écopièges connectés sur le campus de Bordeaux Sciences Agro en 2022.



Ici on peut voir un exemple de courbe de comptage pour un piège situé proche de Perpignan en 2022. Cette courbe a été générée automatiquement sur l’application à partir des informations renvoyées par le piège et nous y voyons très nettement que les processions ont duré du 25/02 au 7/03.



L’application qui accompagne l’utilisation des pièges, permet de suivre l’évolution des comptages de processions heure par heure et jour par jour, mais aussi de paramétrer des alertes afin d’être prévenus en temps réel des descentes de chenilles. Ce système d’alertes est une des clés d’une gestion optimisée des insectes nuisibles.


Suite à ce projet, Cap 2020 devrait être en capacité de proposer à la commercialisation le capteur connecté s’adaptant à l’écopiège dès 2024.