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Punaise diabolique : test d’un piège connecté pour automatiser le suivi en plein champ dans le cadre du projet PACTE

il y a 24 heures
3 min de lecture

La surveillance des populations de ravageurs constitue une étape essentielle pour mieux comprendre leur dynamique et adapter les stratégies de protection des cultures. Parmi les espèces qui suscitent aujourd’hui une attention particulière figure Halyomorpha halys, plus communément appelée la punaise diabolique ou marbrée. 


Présente sur de nombreuses cultures, cette punaise peut occasionner des dégâts importants, notamment sur les productions de noisettes, kiwis, noix ou encore pommes. Il existe des pièges à phéromone qui permettent de suivre l’évolution des populations, d’identifier les périodes de présence et de mieux anticiper les risques pour les cultures. Aujourd’hui, le piège à phéromone fait partie intégrante des stratégies de gestion des ravageurs. Cependant, ces suivis nécessitent encore de nombreuses observations, manipulations et des déplacements réguliers sur le terrain : renouvellement de la phéromone, collecte des insectes, comptage, identification des stades etc. Le cout lié à ce suivi incite donc à limiter les interventions et bien souvent cela se réduit à un simple suivi hebdomadaire avec un cumul de captures et des données journalières lacunaires. L’automatisation de cette surveillance représente donc un enjeu important pour faciliter le travail des techniciens et des producteurs tout en permettant un meilleur suivi. 

  

Le projet PACTE : une mobilisation inter-filières contre les Pentatomidae 

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet PACTE – Programme d’Actions Collaboratives interfilières de Transition Écologique contre les Pentatomidae. 

Certains Pentatomidae, et tout particulièrement la punaise diabolique, infligent des dommages importants à un grand nombre de cultures. Aujourd’hui, plus de 300 végétaux sont concernés par des dégâts de punaise diabolique. La punaise possède cinq stades de développement, dont les derniers sont les plus dommageables pour les cultures. Le projet PACTE est construit pour coordonner une réponse inter-filières, en associant recherche scientifique, développement et combinaison de moyens de lutte alternatifs aux produits phytosanitaires mais aussi transfert des connaissances vers les producteurs. 

Au total, 11 filières représentant près de 54 000 hectares et 4 000 producteurs sont engagées dans cette initiative. Lancé en 2025 pour une durée de cinq ans, le projet s’inscrit dans le temps long pour permettre de faire progresser les connaissances et les solutions disponibles afin de mieux gérer ces ravageurs et préserver la production agricole.  

 

Un premier prototype de piège connecté adapté au piège pyramidal, également appelé piège fusée  

Les travaux autour de l’automatisation du suivi de la punaise diabolique franchissent aujourd’hui une nouvelle étape : après de nombreux échanges et réflexions avec les acteurs du projet sur les besoins liés à la surveillance automatisée de ce ravageur, CAP 2020 est fier de proposer un premier prototype de piège connecté adapté à un piège de type pyramidal, dispositif le plus utilisé contre la punaise à travers le monde. 


piège connecté captrap pour punaise diabolique
piège connecté captrap pour punaise diabolique

  




















Crédit photos : Rachid HAMIDI - ANPN


Compter les punaises… mais aussi reconnaître leur stade 

Grâce à une caméra intégrée au dispositif, les pièges permettront d’acquérir régulièrement des images des individus présents. À terme, l’objectif ne sera pas uniquement de dénombrer automatiquement les punaises diaboliques mais également de disposer d’informations plus précises sur les populations observées, notamment en distinguant les stades larvaires des individus adultes ou encore en observant le rythme circadien de l’insecte (activité de l’insecte sur une journée complète). Cette automatisation permettra donc de disposer de données plus régulières sur l’évolution des populations tout en limitant les déplacements nécessaires pour le relevé des pièges. 

  

Des essais en plein champ pour préparer la reconnaissance automatisée 

À partir de ce mois de septembre, plusieurs prototypes vont ainsi être testés en conditions réelles. L’objectif est d’associer les capacités de capture du piège classique aux technologies développées par CAP 2020 pour assurer un suivi photographique quotidien et à distance des insectes capturés. 

Plusieurs prototypes sont donc en cours de déploiement à l’ANPN, ceci afin d’évaluer le fonctionnement du dispositif et son efficacité dans des conditions réelles de suivi. Cette première phase aura un double objectif : tester les performances de capture du piège connecté mais aussi constituer progressivement une base de données d’images représentatives des différentes situations rencontrées sur le terrain. 

Ces données sont indispensables pour développer les futurs algorithmes de reconnaissance automatisée qui s’appuieront sur des méthodes d’intelligence artificielle et de deep learning afin d’apprendre à détecter, compter et caractériser automatiquement les insectes cibles présents sur les images. 

  

Envie de connaître la suite ? 

Suivez CAP 2020, l’ANPN ainsi que les différents acteurs du projet PACTE pour découvrir les différentes actions menées, l’avancement des expérimentations dans le cadre du projet et, surtout, les premiers résultats obtenus. 

  




Partenaires du projet : ANPN (porteur du projet), APREL, Bureau Interprofessionnel du Kiwi, Bureau Interprofessionnel du Pruneau, Cap 2020, INRAE, Invenio, Les Vignerons de Tutiac , M2i, Planète Légumes, Scaafel, Senura, Station Expérimentale de Creysse, VEREXAL 

Projet financé par France Agrimer dans le cadre de la stratégie écophyto et des projets PARSADA 


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